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L'amie de ma femme

Nous étions allés fêter, ma femme et moi, le nouvel an avec Sophie, l'inséparable Sophie, dans un restaurant. Un grand restaurant chic qui organisait, comme à l'accoutumée, un banquet orchestré par des musiques débiles mais entraînantes, qui transformaient tous ses convives en fous à lier, en gamins énervés. Tout çà pour un changement de date sur le calendrier, le genre de coutume idiote issue de la connerie humaine. Comme s'il fallait attendre une date précise, une heure, une seconde même pour s'amuser et rire. Je me laissai emporter pourtant.
J'avais trouvé cette idée de sortie un peu inutile au début, et coûteuse ensuite mais n'avais pas regretté le déplacement par la suite, et pour cause !
Il faut avouer que ça fait du bien de s'éclater de temps en temps.
Le restaurant était très cossu, avec des représentations médiévales peintes à la main sur presque tous les murs et çà et là des statues de métal étincelantes donnaient à l'ambiance un côté historique très agréable.
Hélène était assise en face de moi et Sophie à sa gauche. Le plan de table était ingénieusement préparé par couples, mais Sophie, en célibataire endurcie, avait préféré se placer prêt de sa copine, comme presque chaque fois qu'elle avait le choix.
Le dîner se déroula sans contrainte gustative ni faute de goût. Le sommelier avait été aussi excellent. Les vins de terroirs les plus diverses défilaient sans cesse, le champagne coulait à flot et les femmes riaient beaucoup.
Je bavardais avec ma compagne de droite, plus âgée, depuis un bon moment. Elle avait la même passion que moi pour la peinture et, disait-elle, s'était mise à dessiner depuis peu, ayant admiré pendant longtemps les grands impressionnistes. Nous partîmes ensemble sur une discussion de couleurs, d'harmonies, de lignes et de formes à n'en plus finir.
Sophie nous regardait, émerveillée par la qualité de nos descriptions respectives, et me sourit de temps en temps sans prononcer le moindre mot.
Nous avions un peu les mêmes idées de la peinture.
J'avais d'ailleurs ôté mes chaussures, inconfortablement neuves, et allongé légèrement les jambes pour plus de confort quand soudain je sentis vaguement quelque chose me toucher le pied. Puis, ne sentant plus rien, décidai de le bouger un peu, histoire de s'avoir si une résistance quelconque était encore présente. La chose bougeait, me frôlait, me touchait, me caressait même parfois. Je reconnu un pied lorsque celui-ci s'appuya sur le mien, à plat, en guise de capture. Je regardai devant moi, je crus reconnaître le pied de ma femme, qui s'était peut être mise à me séduire sous la table, comme il lui arrivait de le faire, mais elle était plongée dans une discussion de sauce et de gratin dont je ne comprenais, au hasard, que quelques mots. Je tournai un peu la tête pour passer en revue l'assistance face à moi, car le pied ne pouvait venir que d'en face.
Sophie me sourit en me fixant lorsque je stoppai les yeux sur les siens. J'avais trouvé le propriétaire plantaire et lui envoyai un sourire amusé et approbateur. Vu ma réaction, elle ne tarda pas à continuer, vu que je ne disais rien et que çà me plaisait certainement, en me massant le pied sur le dessus puis montait sur les cotés de la cheville et du bout des orteils le long du tibia.
« Elle est pas bien, mais qu'est ce qui lui arrive à me faire du pied, elle est bourrée, oui çà doit être çà » me dis-je, surpris « Elle est en manque ou quoi !»
J'avais voulu lui dire sur le coup, « C'est toi qui me fait du pied sous la table, t'as pas honte devant ma femme ? »
Mais je n'osai pas rompre la conversation de mes voisins de table, ni ma complicité endiablée, et au combien agréable, de cette belle rousse qui me faisait, depuis si longtemps, fantasmer en silence. L'amie de ma femme, en plus. Elle commençait à me faire de l'effet, quand son pied disparut promptement sous sa chaise, pour se renfiler dans sa chaussure fine à talons hauts.
« Moi je vais bouger un peu, quand dites vous, lança t-elle en se levant.
- Tu m'invites à danser ? Me lança t-elle comme un défi. Je la vois venir, la Thérèse avec ses gros sabots !
- Comment pourrais je refuser, j'ai envie de bouger aussi, tu as raison, lui avouai-je.
Le temps de me pardonner auprès de ma voisine, artiste en herbe qui avait perdu mon intérêt, je me levai d'un bond qui fit redresser la tête d'Hélène en ma direction.
Le slow qui commençait était exactement ce qu'elle voulait entendre, comme ci c'était elle-même qui l'avait demandé au disque jokey.
Enlacés comme deux amants, je sentis, pour la première, fois la tiédeur de son corps aux formes parfaites. Mes mains stoïquement accrochées à ses hanches n'osaient pas bouger, de peur de sentir la souplesse de ses contours qui m'auraient emportées dans un état second, de torpeur excitante, et d'envie de la caresser toute entière. Je la sentais, pour la première, fois toute à moi.
« Tu danses comme une statue, me lança elle.
Elle s'était aperçue de mon état de marbre, une sorte de réaction naturelle face à cette femme qui, pour la première, fois depuis que je la connaissais, se laissait aller, me produisant un effet démoniaque. Elle, si timide à mon égard depuis notre première rencontre.
- C'était très agréable, vaut avouer, lui avouai-je.
- Pourquoi c'était? C'est pas fini, la musique vient juste de commencer, me dit elle comme une blonde.
Pas que je déteste les blondes, non, mais elles ont souvent des répliques de ce genre. Complètement à côté de la plaque.
(Merci pour elles).
- Non, pas la musique, je parle pas de maintenant, mais de tout à l'heure sous la table.
- Je m'emmerdais un peu à vous regarder, alors j'ai voulu rompre le charme de ta voisine », me confessât-elle à l'oreille jalousement.
Ce fut comme une bombe, la façon qu'elle me dévoilait ses pensées intimes, tout bas, rien qu'à moi, à l'oreille, me surprit agréablement. Je ne la connaissais pas du tout sous cet angle, et ça me plut énormément.
Mon gourdin incontrôlable se frottait sur sa robe noire et m'envoyait des pulsions terrifiantes. Je crois qu'elle s'en était aperçue car elle me serrait de plus en plus, pour le sentir encore plus pénétrant.
Nous repartîmes difficilement, après la danse, nous rasseoir sagement, pour continuer la suite du repas festif, arrosé de champagne, dont les bulles n'avaient plus le temps de quitter mon estomac, comprimé de gaz. Si jamais un rot partait de mon estomac, j'aurais fais fuir tout le monde autour de moi, mais çà m'aurait fait un bien fou.

Plus tard, au beau milieu de la soirée, là où presque tout le monde se retrouve au milieu de la piste pour gesticuler dans tous les sens, accroché les uns derrière les autres en formant un cercle. La musique battait très fort, et rythmait les lancés de cotillons, dans tous les sens que les gens, rouges de chaleur et d'alcool, sortaient de nul part. Quelques couples, à genoux au milieu, s'embrassaient comme des inconnus.
J'essayais difficilement de suivre mon prédécesseur, qui se balançait au brouhaha de la musique, en saisissant d'une main tendue son épaule large, pendant que derrière moi, une femme me hurlait aux oreilles les paroles incompréhensibles des chansons qui passaient, accrochée à ma taille comme un wagon qui entre en gare, sous l'épaisse fumée blanche d'un fumeur de cigare qui nous croise.
Mon regard balaya inconsciemment l'assemblée, et se fixa un instant devant une femme qui me tendait la main en guise d'invitation à l'embrassade du milieu.
Je n'avais pas reconnu Sophie, qui venait de s'extirper des mains envahissantes d'un gros type aux cheveux grisonnants et trempés, qui l'avait presque léchée sur la piste, avant de remonter ses grosses lunettes en écaille noires.
Une occasion de toucher une si belle femme ne se produisait, pour lui, que ce jour là, et il avait profité de cette soirée pour les baiser toutes, en s'invitant lui-même au milieu du cercle. Il tournait dans tous les sens, les bras en l'air en gueulant, un verre de cognac à la main, en guise de victoire.

Elle me tendit une main fine en me souriant. Je compris que j'étais presque son sauveur, avant la prochaine attaque humide du gros salaud. Son visage était très pale et noirci par une coulée de rimmel. Elle avait, comme nous tous, un peu trop forcé sur le champagne, et marmonnait des mots incompréhensibles, en dodelinant de la tête comme un pantin désarticulé. Elle était saoule, çà ne faisait aucun doute, vu la manière qu'elle s'affalat sur moi.
Elle était très belle, avec sa robe noire à bretelles, moulante jusqu'à la taille, et dont l'échancrure du décolleté, qui formait un V large et souple, dévoilait un petit grain de beauté sur le haut du sein droit, où un collier de brillants s'allongeait paisiblement. Le bas de sa robe était formé de tulle noire, qui jaillissait de sa taille, comme une gerbe d'étincelles jusqu'en haut des genoux.
Un rapide coup d'oeil sur ma femme, qui se trouvait de l'autre côté de la piste, s'amusant à se faire contempler par un jeune puceau aux allures de loubard. Elle riait sans cesse, et j'aurais voulu savoir ce qu'il lui racontait, ce petit con.
Elle nous avait complètement oublié, là où elle était, et puis perdre dix ans en une soirée, ce n'était pas le genre de truc qui arrive tous les jours. Je ne lui en voulus pas et l'avais un peu oublié aussi !

Sophie s'accrocha à moi.
« Accompagne moi » me supplia t-elle. Je dois aller aux toilettes, et je n'y arriverais jamais seule, dans l'état où je suis, tu veux bien mon chéri? ajouta-t-elle, en mimant un bisou de sa bouche arrondie, au rouge à lèvres délavé par les embrassades de la farandole. Le fait de m'appeler « chéri » m'approuva nettement ses sentiments, depuis notre danse endiablée.
- T'es complètement raide toi ! Ok, viens par ici.
En sauveur de ces dames, je lui saisis fermement la taille et elle, d'une main autour de mon cou, se laissa tracter par son ange gardien que je suis, son compagnon, son complice de dessous la table, son bandant danseur de slow.
Pour arriver aux toilettes des dames, nous slalomâmes tous les noceurs, les bousculant les uns après les autres sans nous excuser et, d'une main, je poussai violemment la porte battante des toilettes, qui buta sur une septuagénaire, appuyée à une canne, prête à sortir.
« Oh là, mais vous pourriez faire attention, non ? nous dit-elle méchamment.
- Pardon madame, mais le devoir nous presse, lui répondis-je difficilement, avec le poids de mon amie à tracter.
- Elle n'a qu'à pas boire, regardez, moi, je tiens encore le coup, avec mes soixante dix balais bien sonnés. J'avais vu juste !
- Ta gueule, vieille morue, lui lança Sophie dans un langage de vieux marin britannique.
La vieille n'en saisit heureusement aucun mot, et hocha la tête en guise de bonsoir papal avant de sortir.
« Ferme la, dis-je à Sophie tout bas.
- Non mais t'as vu cette connasse de mégère ? » Reprit-elle.
La vulgarité de ses répliques en disait long sur son état second.
Fini, les présentations aux allures mondaines du début de soirée.
Fini les strasses, les paillettes, qui donnent aux inconnus des allures fières et guindées.
Là, c'était l'heure du jugement dernier.
L'alcool avait transformé notre déesse en pécheresse, au visage salit par les larmes, le corps moite de sueur sucrée. Les danses, infernalement mouvementées, avait froissé sa belle robe de soirée, et tordu ses jolis pieds fragiles, montés sur des échasses qui faisaient office de chaussures. J'eu de la peine à la reconnaître.

Péniblement, je l'entraînai vers une porte entrouverte, d'où sortait certainement la vieille mégère, et la poussai d'une main, en tirant ma complice de l'autre par la taille.
Je la saisis alors comme une pince, avant qu'elle ne s'écroule sur la cuvette blanche, épuisée par ce périple !
« Et bien, c'est pas trop tôt ! », lança t-elle simplement.
« Elle est gonflée celle là. » me dis-je.
Elle releva le bas de sa robe noire, et fit glisser, par mouvements successifs de son arrière train, une superbe culotte en dentelle blanche.
« Faut bien que je l'enlève, non ? » grogna t-elle, lorsqu'elle vit que je lui jetai un regard admiratif.
Je refermai légèrement la porte derrière moi, en me contorsionnant pour que personne ne nous surprenne dans notre spectacle urinaire de femelle ivrogne.
Les mains posées sur ses genoux, elle me regarda, en écoutant le ruissellement de son urine, sans dire un mot, car le soulagement que çà lui procurait était visible sur son visage, qui fit un « ahh » d'apaisement et de soulagement lorsque son ventre se désenfla. On pouvait d'ailleurs entendre la pression de sa vessie engorgée qui se dégonflait.
« Heureusement que tu es la, tu sais » me dit elle enfin en me prenant les mains.
Moi, en sauveur, je me délectais, seul face à l'amie de ma femme, en train de pisser, la culotte en bas des pieds. Celle qui, deux ou trois heures auparavant, m'avait caressé le pied pendant le dîner, et frotté le sexe au milieu de la piste. Ce n'était pas un spectacle de tous les jours, et je n'en perdais pas une miette.
J'aurais voulu que ce moment dure une éternité, comme ces éphémères instants de vie, que l'on voudrait garder sous le bras toute notre existence, et qui partent dans les dédales de nos souvenirs aussi vite qu'ils sont arrivés.

Elle prit mes mains dans les siennes, si petites, si fines et les massa du bout des doigts en me regardant. L'échancrure de son décolleté attira mon attention vers le petit grain de beauté qui trônait sur ce joli petit sein pâle. Il m'envoûta quelques instants, et je le fixai, comme çà, sans bouger. Elle tira lentement mes deux bras vers elle, comme pour me parler plus intimement, et me dit doucement :
« Ils sont beaux, non ?
- De quoi tu parles? lui répondis-je bêtement, perdu dans mes pensées.
- Mes seins, ils sont beaux ? » Répliqua t-elle.
Je lui répondis d'un hochement de tête, en fermant les yeux et pinçant les lèvres, comme pour dire : « tu dis n'importe quoi, arrête de délirer. »
Elle approcha ma main droite de son cœur, au milieu de sa poitrine ferme, et je sentis des battements imperceptibles, sous l'étoffe soyeuse et humide de sa belle robe noire. Instinctivement, elle fit glisser ma main sur son sein un instant, avant de la faire pénétrer dans le décolleté plongeant, qui m'envoûtait encore. Je ne pus résister, et la laissai guider mon désir .Je sentis la bretelle plate et transparente de son soutien- gorge, avant d'y plonger allégrement, vers un petit téton qui me criait son excitation. Je bougeai alors le bout de mes doigts pour caresser le mamelon durci, et je vis son visage revenir peu à peu à la réalité, se rosir, s'embellir, en digérant l'alcoolémie avancée. Son pipi avait était réparateur !
Ou son excitation du reste, qui sait !

Elle tendit une main vers mon visage pensif, qu'elle approcha du sien, les yeux clos, pour me déposer un baiser tendre et sensuel sur la bouche. Très vite nos langues s'enlacèrent goulûment, pendant un long moment, mordant, suçant, avant que je ne reprenne une position plus confortable en me redressant. C'est alors qu'elle se leva brutalement pour me dévorer la langue fougueusement.
Elle m'avait trop cherché, depuis le début de la soirée, et le fait de nous trouver ensemble, intimement, dans ces toilettes, n'aurait pas duré longtemps. Il fallait qu'on en profite très vite. Elle dégageait une excitation incontrôlable, qui me surprit, et me plut énormément. Je descendis les mains derrière elle, le long de ses hanches, pour explorer, sous sa robe, ce qu'elle avait sans doute de plus beau. Son ferme et petit cul, que j'imaginais jusqu'alors arrondi à souhait.
Mon imagination était confirmée ! Elle avait les fesses d'un ange.
Je saisis à pleines mains,sous sa robe, ses deux fesses dénudées qui, il y a quelques secondes, trônaient sur une cuvette abîmée par les années et gesticulaient pour libérer une culotte majestueuse, endiablée, magnifique, excitante petite culotte de femme célibataire. Je bandai comme un cheval.
J'aurais voulu la croquer toute entière, la retourner, l'enfiler comme une perle précieuse, la baiser comme un animal affamé.
Je m'apprêtais, alors, à continuer mon exploration intime de ce corps aux mille facettes attendrissantes, quand la porte battante de l'entrée se claqua vivement, suivi d'un bruit de pas affirmés qui nous fîmes sursauter. Des pas féminins à talons, qui appartenaient sans nul doute à une autre pisseuse alcoolique et excitée, pressée de se désemplir, mais qui n'aurait pas du tout compris notre présence, en ce moment.
Nos langues se quittèrent brutalement, et nos visages, aux yeux écarquillés, se fixèrent sans bruit. Je collai un doigt sur la bouche de ma maîtresse, en lui mimant de se taire.
« Chut, on pourrait nous entendre »
Elle me suivit, dans un silence de dessert saoudien. La culotte blanche, endormie sur le sol froid, et les bras autour de mon cou, à attendre que l'emmerdeuse se barre.
« Sophie, tu es là ? » cria la voix.
Soudain, nos visages blêmirent de surprise. C'était Hélène qui, s'impatientant de ne pas nous voir, était venue contrôler les toilettes, à la recherche de son amie disparue. Elle m'avait certainement cherché aussi, mais pour l'heure, il fallait à tout prix nous dégager de cette impasse sans qu'elle nous surprenne, la main enfouie sous la robe de sa copine, et une trique à ne savoir plus quoi en faire.
J'en perdis immédiatement ma forme olympienne, et sentis, dans mon slip, un mouvement humide de rétreinte sexuelle.
Dans ces moments là, on ne bande plus !

« Sophie, c'est Hélène, t'es là ? » reprit-elle, plus fort, sous les bourdonnements de la musique, qui battait en sourdine.
Sophie remonta si vite sa culotte que je n'eu pas le temps de m'en rendre compte, me plaqua sur le mur, ouvrit la porte des toilettes, en me l'écrasant au passage sur le nez, et sortit.
« Elle est complètement folle, mais qu'est ce qu'elle fait, elle va nous faire surprendre », me dis-je.
Je décidai de ne pas bouger, complètement tétanisé, car si Hélène avait, elle aussi, envie de pisser, elle serait entrée et m'aurait découvert. Cette idée de la rousse était purement de la folie, mais je ne pouvais la rattraper, maintenant qu'elle avait déjà le pied au dehors.
« Oui, je suis là; cria Sophie en direction de son amie, qui se dirigeait vers la sortie.
- Ah ben t'es là, t'as pas vu Philippe ? lui demanda l'autre, en se retournant.
- Pas depuis la farandole, non, il n'est pas dehors ? Tout à l'heure, il était en sueur, et m'a dit qu'il serait sorti prendre l'air; lui précisa t-elle, en rengainant son talon.
Elle sortirent toutes les deux, et Sophie claqua la porte derrière elle pour m'en avertir.
J'étais livide de frousse, et sentis mon corps se vider.
Je quittai mon piége comme un fou, pour aller inspecter la porte de sortie. D'un œil, je scrutai la salle et aperçus, déjà plus loin, ma femme suivant Sophie, bousculant tout le monde sur son passage. Elle sut qu'en se dépêchant de sortir, j'avais le temps de quitter ma cachette.
Je partis donc en leur direction, et croisai le gros type aux lunettes noires, un autre verre de cognac à la main.
« Alors, elle était bonne la rousse? » me dit-il.
Il nous avait sûrement vu rentrer, et avec le temps qu'on avait mis pour sortir, il comprit que nous n'avions pas fait que pisser.
- Ca fait bien une demie heure que vous êtes là-dedans, je vous ai vu entrer, m'avoua t-il avant d'ajouter," une femme vous cherchait, je lui ai dis que vous étiez dans les toilettes, c'était ta femme ? »
Je ne pus lui répondre sans le tuer, et partis à la hâte à leur rencontre, en direction de la sortie.
« Ah ben t'es là, où étais tu passé, on te cherche depuis tout à l'heure, me dit Sophie prête à regagner la salle. Elle me lança un clin d'œil pétillant de connivence.
- Tu t'es endormi dans les toilettes, ou quoi ? me demanda Hélène. On y va, je suis morte de fatigue.
- Oui je m'étais heu... un peu assoupi dans les toilettes, tu sais bien, moi et l'alcool. »
L'honneur était sauf, du moins pour le moment.
Ce soir là resta dans mes souvenirs les plus chauds. Cette timide amie de ma femme était en fait une bombe à retardement, que j'avais presque fait exploser, l'instant d'une soirée.
Durant le chemin du retour, dans la voiture, ma femme fixait la route sans dire un mot, pensive ou à moitié endormie, pendant que ma belle rousse, à l'arrière, était tombée dans un sommeil profond.
Elle passa la nuit chez nous, dans le canapé.
Les jours qui suivirent me mirent dans une position des plus inconfortables face à Sophie. Je l'évitais du regard lors de nos conversations, en compagnie de ma femme, qui l'avait très bien remarqué, mais sans m'en parler.
Elle passait de plus en plus de temps à la maison, et restait souvent coucher chez nous lors des soirées tardives.
Je les surprenais quelques fois à chuchoter dans la salle de bain, quand elles se préparaient ensembles. J'avais peur, en fait, que la rousse n'avoue à Hélène, dans ses discutions de plus en plus intimes, nos échauffourées du restaurant. Ma femme ne m'en parla jamais, et je restai ainsi, spectateur impuissant de leur intimité.


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